Le 2010, Anne-Sophie Lapix
sur 17/05/2026 à 18:40
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Et si pour la première fois dans l’histoire nos capacités intellectuelles déclinaient ? Excès de sucre ou d’écrans, nuits trop courtes… nous sommes des millions à avoir pris ces mauvaises habitudes. Mais nous sommes loin d’imaginer leur effet sur notre cerveau. Durant un an, Zone Interdite a enquêté pour comprendre comment notre mode de vie affecte notre mémoire, notre concentration, et notre santé. En partageant le quotidien de Français bien décidés à reprendre le contrôle de leur cerveau et avec l’aide de spécialistes renommés, nous allons vous révéler que des solutions très simples existent pour inverser la tendance. C’est le mal du siècle : l’addiction aux écrans. Près de Montpellier (Hérault), Léa, une lycéenne de 17 ans, passe jusqu’à 13 heures par jour sur les réseaux sociaux. À quelques semaines du bac, elle s’inquiète de ses difficultés à se concentrer pour réviser. Avec l’aide d’un neuropsychologue et d’une drôle de machine, elle va découvrir l’existence de l’onde alpha. Émise en permanence par son cerveau lorsqu’elle scrolle, elle ralentit son activité cérébrale. Cette onde aurait-elle quelque chose à voir avec le niveau scolaire des élèves français qui, pour la première fois, vient de passer sous la moyenne des pays développés ? En cinquante ans, nous avons perdu en moyenne 1h30 de sommeil par nuit. Du jamais vu ! En région parisienne, Ivan, un fonctionnaire, dort si mal qu’il est épuisé en permanence, au point qu’il peine à réaliser les tâches les plus simples et que toute sa famille doit s’adapter au quotidien à sa léthargie. Persuadé qu’une bonne partie de sa fatigue est causée par ses deux jeunes fils très énergiques, Ivan va réaliser qu’il souffre en fait d’un mal qui touche près de 10 % des Français et qui affecte chaque nuit son sommeil. Cela nous arrive à tous : perdre nos mots et égarer des objets précieux. Près d’Angers (Maine-et-Loire), c’est ce que vit en permanence Magali. Cette maman de deux enfants jongle au quotidien entre obligations familiales et télétravail. Submergée par sa charge mentale, elle doit écrire chaque jour des listes pour ne rien oublier. Heureusement que Magali a ses petites douceurs sucrées qu’elle avale toute la journée pour se donner du courage. Mais tout ce sucre n’aurait-il pas un rapport avec les tours que lui joue sa mémoire ? La réponse va l’étonner. Pour tenter de stimuler nos capacités cérébrales, nous sommes de plus en plus nombreux à nous tourner vers les compléments alimentaires. À base d’oméga 3, de vitamines ou encore de plantes, ces pilules censées nous aider au quotidien ont envahi les rayons des pharmacies et génèrent chaque année un marché de plus de trois milliards d’euros. Mais que valent réellement ces compléments ? Nous avons mené l’enquête.
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Après avoir vécu l’un des pires génocides de l’histoire en 1994, le Rwanda s’est transformé en l’un des pays les plus attractifs et les plus sûrs du continent africain. Un incroyable rebond qui se traduit par une croissance économique de près de 10 % par an. Séduits par le dynamisme du pays, ses avantages fiscaux et sa sécurité, les investisseurs étrangers accourent. Kigali, la capitale, se développe à grands pas (1,75 millions d’habitants aujourd’hui contre 300 000 au début des années 2000). Buildings, hôtels de luxe et salle de congrès ultra modernes ont remplacé immeubles décrépis et quartiers insalubres. Le pays aux mille collines est également devenu une destination touristique de luxe très en vogue, grâce notamment à ses paysages naturels spectaculaires, et surtout aux gorilles des montagnes. Une renaissance, qualifiée de « miracle rwandais », en partie orchestrée par l’homme fort du pays : Paul Kagame, président de la République depuis mars 2000. En quelques années, l’ancien leader rebelle est parvenu à redresser son pays et à calmer les tensions communautaires. Mais à quel prix ? Élu pour la quatrième fois consécutive en 2024 avec 99 % des voix, Paul Kagame ne laisse guère de place à l’opposition et à la critique. Le Rwanda est devenu l’un des pays les plus surveillés et les plus contrôlés du monde. Les opposants politiques et les rares journalistes indépendants sont régulièrement arrêtés, forcés à s’exiler ou disparaissent carrément. Les petits toxicomanes et les enfants des rues sont chassés tels de dangereux criminels. Beaucoup sont conduits dans des centres de redressement isolés, comme à Iwawa, une étonnante ile prison sur le lac Kivu, sorte d’Alcatraz rwandais d’où personne ne s’échappe. Et si le pays est une terre d’accueil pour les grandes fortunes, 40 % de la population vit encore sous le seuil de pauvreté. Enquête inédite sur le Rwanda, un miracle à marche forcée.
Au cœur de nos téléphones, ordinateurs et consoles se cache un minerai rare et stratégique, le coltan. Les deux tiers des réserves mondiales se trouvent dans l’est de la République Démocratique du Congo, dans le Kivu, où la mine de Rubaya, frontalière avec le Rwanda, est devenue le point névralgique d’un conflit parmi les plus meurtriers au monde. Hommes, femmes et enfants y extraient au péril de leur vie le précieux minerai indispensable à l’industrie électronique. Une manne qui attise les convoitises. Notamment celle du M23, une milice armée et violente qui, d’après l’ONU, serait soutenue par le Rwanda. Profitant de la faiblesse de l’armée congolaise minée par la corruption, ce groupe de rebelles a pris le contrôle des mines et a désormais la mainmise sur le coltan. Pour les habitants, ces richesses minières sont devenues une malédiction que les civils paient au prix fort : villages incendiés, femmes violées, enfants enrôlés, sept millions de déplacés et plus de six millions de morts. Dans un silence assourdissant, les « minerais de sang » du Congo continuent d’alimenter l’économie mondiale.